Equilibremoi | Qu’est ce que l’obésité ?
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L’OBESITE ET LE SURPOIDS

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), « le surpoids et l’obésité se définissent comme une accumulation anormale ou excessive de graisse corporelle qui peut nuire à la santé » [OMS, 2016].

C’est un terme médical qui renvoie à l’état physique d’une personne. Ce n’est qu’en 1997 que l’obésité a été reconnue par l’OMS comme une maladie à part entière et comme l’un des principaux facteurs de risques d’autres maladies non transmissibles [BOUT, 2009]. Cette accumulation de graisse se mesure par l’indice de masse corporelle (IMC) qui se calcule en fonction de la taille et du poids de l’individu :
IMC = poids (en kg) / taille² (en m²)

Les limites qui permettent de différencier les différentes catégories de surpoids et d’obésité sont données par l’OMS en fonction de l’âge. Pour l’adulte, le surpoids est représenté par un IMC supérieur ou égale à 25 kg/m², et l’obésité par un IMC supérieur ou égal à 30 kg/m². Pour l’enfant jusqu’à 19 ans, les normes dépendent aussi du sexe ; des courbes de croissances définies par l’OMS servent de références auxquelles comparer la situation de l’enfant. Il faut cependant considérer l’IMC avec prudence car il n’est pas approprié pour certaines populations, telles que les sportifs de haut niveau.

Depuis trente-cinq ans, l’obésité et le surpoids touchent de plus en plus de personnes dans le monde entier et leur prévalence a plus que doublé [OMS, 2016]. En 2014, 39% de la population adulte mondiale était en surpoids (1,9 milliards de personnes) et 13% était obèse (600 millions d’individus). En France, près d’un adulte sur trois était en surpoids en 2012 selon l’étude Obépi [INSERM et al., 2012]. La même étude révèle que 15% des adultes français étaient obèses (soit 6,9 millions de personnes) alors que cette proportion s’élevait à 8,5% en 1997.

Selon une étude réalisée par l’observatoire de santé de Withings, 40 % des habitants de la région Rhône-Alpes sont obèses ou en surpoids et 53,7% d’entre eux ont entre cinquante et soixante ans. De plus, les hommes sont beaucoup plus touchés que les femmes puisque 57,8 % des personnes en surpoids ou obèses sont des hommes. Enfin, 11,9% des adultes de la région sont obèses [ARS Rhône-Alpes, 2012].
De même que dans d’autres régions, on retrouve de nombreuses disparités : les catégories socioprofessionnelles les moins aisées sont plus touchées par l’obésité que les plus aisées et cette différence s’accentue avec le temps selon l’ARS. Au sein d’une population, il est aussi important de noter que des inégalités sociales existent : dans les pays développés et notamment en France, les personnes les plus touchées par le surpoids et l’obésité sont celles qui ont les plus bas niveaux d’éducation et les revenus les plus faibles [INSERM et al., 2012].

Sur le territoire de l’agglomération Villefranche Beaujolais, la problématique du surpoids et de l’obésité a été identifiée depuis 2011. Elle se confirme dans un récent diagnostic mené par l’ARS, portant sur l’état de santé de la population de l’agglomération, le recours aux soins et l’offre de santé existante sur ce territoire. Les données officielles seront publiées en avril 2017.

LES CAUSES ET LES CONSÉQUENCES

Pour l’Institut National de la Santé Et de la Recherche Médicale (INSERM), cette « maladie de l’adaptation, résulte d’un déséquilibre entre les apports et les dépenses énergétiques. Ce déséquilibre aboutit à une inflation des réserves stockées dans le tissus graisseux » [INSERM, 2014]. En d’autres termes, les entrées d’énergie sont supérieures aux dépenses, ce qui conduit à une accumulation de graisses dans l’organisme. L’équilibre entre les apports et les dépenses en énergie s’appelle la balance énergétique. Ce qui a pu être observé au cours des dernières années montre une augmentation de la consommation de produits hypercaloriques et de faible valeur nutritionnelle (c’est-à-dire qui apportent beaucoup d’énergie mais peu de vitamines et minéraux), et une sédentarisation croissante (c’est-à-dire une diminution de l’activité physique) [OMS, 2016].
Selon le rapport de l’Office Parlementaire d’Évaluation des Choix Scientifiques et Technologiques (OPECST), « en réalité les déterminants de l’obésité sont nombreux et variables selon les individus » [BOUT, 2009]. Le gouvernement britannique a identifié cent huit déterminants influençant directement ou indirectement la balance énergétique, répartis dans sept thématiques différentes. On retrouve certains facteurs comme une prédisposition génétique, le rôle de l’environnement (par exemple le stress, le sommeil, certains médicaments, etc.), les représentations liées à l’alimentation, ou encore la psychologie individuelle, qui peuvent avoir de fortes répercussions sur le poids de l’individu.

L’obésité et le surpoids sont des facteurs de risque pour certaines pathologies chroniques [OMS, 2016]. Les personnes en surpoids ou obèses sont plus à risque de développer des maladies cardio-vasculaires, du diabète, de l’arthrose, et des cancers. Elles ont aussi une mortalité précoce accrue, allant jusqu’à trois fois plus de risque de décéder immédiatement par rapport à des personnes ayant un IMC compris entre 18,5 et 25 kg/m² en Europe [The Global BMI Mortality Collaboration, 2016]. De plus, le risque de décès augmente avec l’IMC à partir de 18,5 kg/m².
Ces conséquences sanitaires à l’échelle individuelle se répercutent à l’échelle des populations dans différents domaines. En effet, l’obésité a également un impact économique important en raison du coût élevé de sa prise en charge et de celle des pathologies associées.

Enfin, la société actuelle a tendance à stigmatiser l’obésité et le surpoids, c’est-à-dire à considérer que ces situations sont hors-normes et à voir les individus concernés uniquement sous l’angle de leur apparence physique jugée anormale [GROS, 2011]. Les personnes en surpoids ou obèses sont rendues coupables de leur situation et voient leur estime de soi diminuer. Cette stigmatisation peut entraîner l’individu dans un cercle vicieux qui entretient sa difficulté à vaincre son surpoids ou son obésité, en aggravant ses comportements alimentaires responsables
d’un apport trop important en énergie non dépensée (par exemple du grignotage pour compenser le stress)…

PRÉVENTION ET TRAITEMENT

Le surpoids et l’obésité peuvent être évités [OMS, 2016]. En agissant à différents niveaux, il est possible de ralentir voire de faire baisser le surpoids et l’obésité dans la population. A l’échelle individuelle, on peut manger plus sainement (par exemple moins calorique, moins gras, moins sucré, plus de fruits et légumes, etc.) et se dépenser plus en faisant plus d’activité physique. Cependant, la démarche individuelle ne peut avoir lieu que si elle est accompagnée par des changements plus larges, qui résultent de décisions politiques. L’offre alimentaire doit être plus saine, les aliments sains doivent être plus accessibles (y compris économiquement, par les personnes en situation de précarité), l’activité physique doit être promue et facilitée, la population doit être informée et éduquée sur la nutrition et l’activité physique, etc. Pour favoriser la communication sur l’alimentation et promouvoir l’équilibre alimentaire, le premier Plan National Nutrition Santé (PNNS) a été lancé en France en 2001 pour cinq ans ; ensuite, il a été prolongé à deux reprises [Santé Publique France].

Quant au traitement de l’obésité, il repose sur les conseils diététiques, l’activité physique, la prise en charge des troubles du comportement alimentaire (TCA ; ce sont des conduites alimentaires perturbées et anormales qui conduisent à des troubles physiques et psychologiques [CNAMTS, 2016]), d’éventuelles difficultés psychologiques, le traitement des comorbidités (c’est-à-dire des pathologies associées à l’obésité) et des complications de l’obésité. Et en cas d’échec de ces mesures, pour certains types d’obésité, la chirurgie bariatrique peut être proposée [Chirurgie Digestive et Viscérale Lyon, 2016]. La chirurgie de l’obésité modifie l’anatomie du système digestif. C’est une aide mécanique et métabolique qui permet de diminuer la quantité d’aliments consommée (principe de restriction) et/ou l’assimilation des aliments par l’organisme (principe de malabsorption).

Il existe plusieurs opérations. Les plus pratiquées actuellement en France sont :
L’anneau gastrique : méthode restrictive qui consiste à restreindre le volume de l’estomac et ralentir le passage des aliments. Un anneau est placé autour de la partie supérieure de l’estomac, en délimitant ainsi une petite poche.
La sleeve (ou gastrectomie longitudinale) : méthode restrictive qui consiste à retirer deux tiers de l’estomac pour en réduire le volume.
Le by-pass gastrique : technique restrictive et malabsorptive, qui consiste à la fois à la réduction de l’estomac et la diminution de leur assimilation grâce un court-circuit d’une partie de l’estomac et de l’intestin grêle. Les aliments passent directement dans la partie moyenne de l’intestin grêle.

De telles opérations ne sont cependant pas neutres et les conséquences sur la santé sont importantes : le poids diminue vite, ce qui peut entraîner d’importantes perturbations physiques, métaboliques (par exemple des carences en vitamines) et psychologiques. Les patients doivent donc être accompagnés pour adopter un mode de vie plus sain, d’autant plus que la perte de poids n’est pas irréversible, même après chirurgie.

Suite à une opération bariatrique, le suivi postopératoire peut durer entre un à deux ans, voire à vie. Il est principalement réalisé par le chirurgien et le médecin généraliste. La diététicienne, le psychologue et le kinésithérapeute interviennent peu. Ce suivi semble purement médical. Alors que les recommandations de l’OMS encouragent une prise en charge globale et un suivi global de chaque patient [OMS, 1016], le système français est très sectoriel : chaque pathologie relève d’une branche médicale spécifique sans réelle passerelle entre les différents acteurs pouvant intervenir dans le parcours de santé d’une personne en surpoids ou obèse.